Avertissement : Une fois n’est pas coutume. Je généralise en apparence. Je précise que les considérations suivantes ne concernent que certaines personnes mêlant un goût pour la discipline réelle avec un fantasme érotique de discipline. J’appellerai par la suite le partenaire masculin un homme nostalgique, la dame une femme précieuse.
La question de la sévérité d’une fessée punitive est de taille dans la réalisation du fantasme de la discipline domestique. Même s’il y a consentement, une exagération de la pratique peut se graver dans l’inconscient de la dame comme un acte de brutalité et nuire à l’harmonie du couple. Je serais tentée de dire qu’il existe deux grandes familles de fantasme à l’intérieur de la DD. Autant chez les hommes que chez les femmes.
-Ceux qui visent de soumettre la dame au bon plaisir de l’homme.
-Et ceux qui mettent en relief une « construction » » de la dame sur un niveau physique (la rendre plus féminine dans sa présentation par exemple) et cérébral (la rendre plus épanouie).
Le film : « La secrétaire » se sert habilement des deux fantasmes en utilisant des clichées bien subtils. Il comble le romantisme des filles en jouant sur le fantasme du « prince charmant sauveur » d’une dame en détresse (de ne pas pouvoir réaliser ses désirs sécrètes). Et il comble le côté noble en un homme de « sauver la princesse en détresse » (par une discipline imposée). Je cite ce film comme exemple car il exprime aussi un autre désir très important chez certaines personnes: l’envie de punir ou être punie pas uniquement par la fessée. A un fantasme « quantitatif » (plaisir lié à l’intensité de la fessée) s’oppose un fantasme « qualitatif » (raffinement dans les punitions).
Je pense que dans un couple femme précieuse/homme nostalgique cette question délicate se résout d’une manière étonnante qui mérite attention.
Un homme nostalgique ne cherche pas simplement à fesser une dame. Il souhaite la « parfaire » par le biais de la fessée. C’est la différence dans le but qui détermine la différence dans la pratique.
Le terme parfaire inclut dans une proportion non négligeable l’apparence physique de la dame, veut dire de la rendre plus belle. Or, une fessée trop sévère comporte le risque de lui infliger des marques disgracieuses. Et rien que cette idée se révèle pour le monsieur comme un anti-excitant. Il sera donc toujours prudent dans l’application du châtiment en évitant la moindre blessure et même les bleus tout courts. C’est ici que se pose pour un homme nostalgique la limite qui distingue la punition de la maltraitance. Blesser une dame que ce soit dans le sens littéral ou transposé ne rentre pas dans son fantasme.
Sa façon de concevoir la fessée vise plutôt à inculquer à la dame des valeurs nobles, améliorer son comportement et lui donner des manières impeccables.
Ce qui est justement désiré par une femme précieuse.
Son enjeu à mon avis est purement égoïste: sa propre personne.
Elle accepte volontairement la fessée punitive, si elle sert à lui ajouter des qualités visibles ou autrement constatables par son entourage et aussi à la rendre plus précieuse à ses propres yeux.
Par contre elle va considérer toute atteinte à l’esthétisme de son corps comme un acte de violence. La douleur infligée lui semble secondaire, s’il n’y a pas de traces disgracieuses. Ce qui n’est pas à confondre avec la belle palette des rougeurs qui donnent un effet bonne mine au popotin. Ou une marque de « sa main » qui comble un romantisme féminin comme le mien.
J’ai l’impression que le fantasme de discipline chez un homme nostalgique est lié à un prémisse impérative : Pas seulement que la dame approuve une éducation stricte à l’âge adulte, mais qu’elle y trouve son bonheur et y participe activement. Qu’elle partage sa passion pour la discipline réelle, l’ordre, d’une organisation impeccable, des tenus et un maquillage irréprochables etc. Un homme nostalgique a besoin du concours actif de la dame dans mille petits et grands détails. Sans être rassuré en permanence que la punition soit vraiment consensuelle, il se sentirait trop proche de la violence conjugale.
Pour un homme nostalgique sa dame est un joyau précieux qui manque des finitions. Et elle y concède pour des multiples raisons.
-La personnalité d’un homme nostalgique est fondamentalement opposée à celle de la femme précieuse et l’impressionne par le fait que le monsieur puisse mettre un autre être humain au centre de son propre univers. Puis par comble de chance l’heureuse élue c’est elle. Au fait un homme nostalgique n’est pas l’aboutissement de recherche d’un papa de remplacement, mais l’aboutissement de recherche de l’homme idéal. Celui qui comble ses fantasmes les plus profonds : être la plus belle pour lui, être son seul amour et sa seule passion.
- Un homme nostalgique impressionne par la maîtrise de ses pulsions. Il reste patient, même quand Madame abuse par ces caprices.
-Un homme nostalgique ne prend pas plaisir à la souffrance de la dame.
-Un homme nostalgique ne la punira jamais contre sa volonté, jamais pour une cause injuste et encore moins par pure envie. Il est trop critique envers son propre fantasme pour concevoir la fessée comme un simple amusement. Il prend la discipline domestique vraiment au sérieux.
-Il y a peu de chances qu’il cherche des fausses prétextes de fessée dans la discipline domestique. Au contraire il met sa lubie fantasmatique au service de la dame.
-Mais n’oublions pas : un homme nostalgique est exigent envers lui-même et ne cesse de travailler sur lui. Il en va de soi qu’il applique cette échelle aussi à sa partenaire. La discipline est donc de rigueur à la maison et ne convient pas à une dame en quête d’amusement érotique. Il faut vraiment être décidée de dire adieu à ses mauvaises habitudes, peu importe leur nature et vouloir se subordonner à un régime de plus strict.
Chez la dame ce n’est pas un sentiment de faute qui la motive. Plutôt le soulagement de voir ses insuffisances corrigées pour l’aider à se « parfaire ». C’est ici que réside la complicité du couple. Les deux acceptent que ce petit truc qui pour eux sans en faire une philosophie. C’est leur secret en commun. Et les «
Comment fais tu pour être aussi appliquée dans ton travail ?
Comment fais-tu pour réussir tous ce que tu entreprends ?
Comment fais-tu pour avoir une maison aussi propre et rangée ?
Comment fais-tu pour être toujours d’aussi bonne humeur ? »
de leur entourage renforcent cette complicité.