Suite de : Petit essai sur la fessée pinitive entre adultes consentants (volet 3)
Pour une meilleure compréhension de mes émotions en jeu je procède par étapes.
Voyons d’abord ce que je considère comme motif de fessée à mon égard :
A priori provoquer un motif de fessée ne me tente pas. J’aime provoquer, mais dans un contexte plus classique de séduction. Par mes tenues, par mes gestes et mouvements, par l’intonation de ma voix et surtout par mes expressions de visage et mon regard.
Pour moi l’enjeu de la fessée punitive tourne essentiellement autour de certains de mes comportements qui me déplaisent. Mes fameuses fautes de mes textes distrayants. Comme oublier le temps quand je suis dans ma salle de bain ou quand je suis absorbée par l’écriture. Je parle ici de petites choses qui m’agacent en moi. Et qui peuvent aussi –quand il y a accumulation- agacer mon partenaire et nuire à la longue au couple. Je ne rentre pas dans la caricature de la dame qui bouffe des gâteaux en cachette, qui cause des dégâts à la voiture en faisant un créneau ou qui abuse de la carte bleu.
En gros je conçois comme faute toute négligence envers mes proches. Tout manque de respect, mot à travers et toute colère qu’elle soit justifiée ou pas. Notamment quand je fais « l’italienne ». Comme aime dire Monsieur. En faisant voler les tasses et verres.
Quand quelque chose me dérange, je ne la garde pas pour moi. Faut suivre mon rythme dans ce cas. Ce qui peut être épuisant. Quand j’ai un truc à dire, cela sort aussitôt. Parfois d’une manière déplaisante. Bref il y a beaucoup d’énergie, de spontanéité et vivacité en moi. En suivant cette « logique » les motifs réels pour une fessée punitive ne manquent pas chez moi. Nous sommes dans un contexte hautement chargé par des émotions authentiques et non dans une composition ludique. Et nous ne sommes pas non plus dans un contexte basé sur un émoustillement de l’ordre coquin. Du moins pas consciemment.
Pas besoin de faire un dessin. La situation s’intègre parfaitement dans un cadre qui était dans le temps le domaine propre de la fessée. Une personne qui abuse (moi). Et une autre (mon homme) qui agit par ce moyen de punition parce que certaines bornes sont dépassées.
Regardons maintenant un peu plus près les liens entre sensations et émotions dans la fessée punitive :
Une sensation retrace une perception au niveau du corps (une douleur par exemple), une émotion une perception au niveau du psychisme (joie, colère, peur…).
Avec d’autres mots : Un savoureuse claque sur me fesses me provoquera toujours une sensation authentique. Jeu ou pas jeu. Par contre il n’est pas dit qu’une approche ludique de la fessée punitive provoquera des émotions authentiques telles que je les souhaite.
Il se peut que l’impression d’un faute-de-mieux se produise et que le vécu se pare d’un arrière goût d’insatisfaction.
Si la dame est plus émotionnelle que « sensationnelle », comme moi, le monsieur a beau accomplir un crescendo sur fesses de plus artistique, la dame va vite s’ennuyer.
A noter la définition psychologique de l’ennui : Absence d’espoir de satisfaction !
De quel ordre est donc la satisfaction présumée de la fessée punitive ?
Je recours une fois de plus au bon sens d’antan :
La fessée punitive n’est pas une recherche de plaisir physique par le biais de la douleur, mais la recherche d’un effet éducatif.
Bon, ceci il vaut mieux ne le pas dire de haute voix de nos jours. Mais que cela plaise ou pas, c’est là où il faut chercher la satisfaction chez certaines personnes. J’insiste sur le mot satisfaction.
Dans le temps c’était différent. N’oublions pas que la fessée d’antan ne se passait pas par consentement. Elle s’accompagnait d’émotions négatives, voir néfastes comme la peur ou la terreur qui généraient la haine et l’agressivité etc. Voila dont une différence fondamentale que je vois avec la fessée punitive de nos jours que j’aimerais réhabiliter.
La fessée punitive par consentement peut générer des émotions positives. Car elle est désirée.
J’admets qu’au cours de la pratique des liens avec le plaisir physique peuvent se former. (C’est pour cette raison entre autres que la fessée comme moyen d’éducation envers les mineurs fut interdite dans pas mal de pays. A juste titre.) Lier la fessée punitive au plaisir n’est pas le but envisagé, mais le fait est sans grande importance. Car la fessée punitive se passe entre adultes et libre à eux de trouver un terrain favorable qui tient compte de l’émoustillement.
Bref jadis un discours plaisir constituait un non-dit. De nos jours le non-dit s’est déplacé sur l’effet. Je me contente de constater sans rentrer dans des telles discussions.
Je reste basique dans mon approche concernant les émotions en jeu dans la fessée punitive.
L’intérêt d’une émotion (= mettre en mouvement) consiste dans sa capacité de provoquer des troubles plus ou moins puissants qui augmentent subjectivement l’intensité d’un vécu.
Il en va de soi que la douleur remplit une fonction analogue. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle augmente l’intensité d’un vécu.
Je pense qu’il n’est pas besoin de discuter la genèse d’émotions négatives quand la douleur dépasse un certain seuil. Cela me parait une évidence. Ce qui peut être fort gênant dans un couple…Il suffit de lire certains blogs de discipline domestique qui parlent plus de problèmes de couple que de la joie de vivre émanant de la pratique.
Je reste encore proche du bon sens d’antan :
Je voudrais réhabiliter la fessée punitive qui se veut constructive par son effet.
Quand envie et consentement y est ! Et je la vois détachée de pratiques qui mêlent Eros et Thanatos. Sans critiquer. Seulement, chacun son truc.
Je pense qu’il existe bien de messieurs qui partagent une vision analogue de la fessée punitive et qui se soucient plus de l’épanouissement de la dame au lieu d’un fugace plaisir charnel.
A suivre…