Certaines choses ne changeront jamais
Je trouve que ce dessin cerne bien une évidence. Les conventions sociales peuvent changer au fil des années. Par contre l’être humain se trouvera toujours devant ses fantasmes qui eux s’en moquent de l’air du temps. Simone de Beauvoir était la première à ma connaissance pour signaler que l’égalité entre hommes et femmes ne concerne pas les fantasmes (« le vice »).
Au fil d’un siècle la fessée est passée d’une pratique courante en matière d’éducation de l’enfant et de l’épouse à une méthode controversée, puis interdite dans de plus en plus de pays. Inutile de dire que j’en conviens avec cette évolution. Je ne peux concevoir la fessée (déjà de l’archaïque dans mon enfance) seulement par libre consentement.
Pratiquer la fessée est une expression bien vague. Cela peut aller de quelques claques gentillets à une pratique bien douloureuse voir à un endommagement corporel.
Le motivations aussi peuvent avoir toute sorte d’origine : partager une activité ludique, un préliminaire sexuel. Recevoir une punition sous forme d’un jeu plus ou moins réaliste. Avoir mal ou faire mal à sa partenaire. Vouloir souffrir ou faire souffrir. Tout est possible s’il y a consensus entre les partenaires. Il me parait un peu grotesque – surtout entre personnes partageant la dénomination fantasme de fessée – de vouloir établir de critères d’une fessée plus ou moins fantasmatiquement correct. Il ne faut pas oublier que le contenu exact du fantasme n’est pas un choix à la base. La personne concernée doit vivre avec.
La discipline domestique occupe à mon avis une place un peu à part dans la pratique de la fessée. Elle expose facilement à la critique car son but va plus loin que la notion du plaisir. Elle véhicule des « valeurs » qui restent souvent incompréhensibles. En fait une valeur, peu importe laquelle, n’a rien de rationnel. Elle témoigne d’un lien affectif entre ceux qui ont instaurés cette valeur et ceux qui ont fait de cette valeur la leur. D’où la force d’une valeur. Et d’où aussi d’un certain emportement de certaines personnes quand on essaye de discuter à tête reposée sur le bienfondée d’une valeur. Pour moi c’est comme les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas. Cela se respecte.
La DD est intéressante comme structure. Elle créée des nouvelles valeurs qui n’ont cours qu’à l’intérieur du couple et qui vont à l’encontre du sens commun. Toutefois cela ne veut pas dire que les personnes vivant en DD n’ont pas conscience de ce transfert de valeurs subjectives. Je ne vois pas là une modification du bon sens, mais une forme particulière de communication entre deux fantasmes. Je pense que les protagonistes attribuent souvent un autre « sérieux » aux règles de la DD que les personnes qui regardent de l’extérieur.
Il me parait étonnant que bon nombre de gens considèrent la DD comme moyen d’accéder à tout moment à la fessée. S’il ne s’agissait que de cela, inutile de se mettre en DD. Deux personnes complices ne vont pas tourner autour du pot pour réaliser leurs fantasmes. Et ceci à tout moment propice.
En français on parle de montrer qui porte les pantalons dans le couple. Une expression semblable existe en allemand. En anglais cela donne : qui est en charge du couple. La dernière expression correspond bien à l’idée de la DD à l’ancienne que je me fais. L’homme s’occupe de tout en ce qui concerne le côté matériel et les rapports sociaux tandis que la dame règne en maîtresse à la maison. Et c’est justement sur ce point que diffère la DD moderne diffère. Elle comporte un libre choix de la dame de son rôle, tandis que dans le temps elle n’en avait pas. Donc un vrai changement. Ce qui n’a pas changé ?
L’emploi de la fessée bien sur !

Bonjour Isabelle,
Ton texte est parfait et j’adhère totalement.
Pour ce qui est de la DD qui servirait de prétexte permanent à la fessée,on est d’accord.Mais si un couple troquait la DD par la fessée érotique,librement consentie,il prendrait le risque de “l’habituation”;là tout peut basculer vers le pire.En effet les partenaires chercheraient de nouvelles émotions avec de nouvelles pratiques pouvant aller très loin.
Certains couples se sont défaits à cause de cela;la femme(généralement celle qui reçoit)finit par capituler devant les corrections qui confinent au sadisme;la douleur ne lui est plus supportable.
Cela est d’ailleurs un moyen de déceler le sadisme latent de certaines personnes qui,au départ,ne se croient que fesseurs(euses)
Mais avec le bonne DD il y a effectivement une dimension comportementale et une autre qui est l’assouvissement libidineux,je pense,pour les deux parties du couple.Cela grâce à la recherche permanente de non respect du “contrat”,de la bêtise,de la faute etc…et dans la recherche de nouvelles punitions ,humiliations avant et après la fessée qui, elle aussi,peut varier d’intensité,de longueur,de positions etc…
Je pense vraiment que la DD librement consentie est parfaite en tous points;il suffit de voir la longévité passionnée des couples pratiquant cette façon de concevoir la discipline REELLE de la Dame appliquée par Monsieur.
Amicalement
François
Par François le janvier 30, 2009
à 10:39
Coucou François
Il s’agit bien entendu de ma vision personnelle de la DD. Je te rejoins sur le sadisme latent qui me fait – à vrai dire – peur. Pas dans le sens d’être tentée par moi-même, mais de découvrir cela en un partenaire. Je ne pourrais vivre une telle situation. En dix ans de couple je n’ai jamais constaté le moindre dérapage. Ca reste « bon enfant ». Une fessée punitive n’est pas un plaisir certes, mais pas non plus un justificatif de ce que je serais tentée d’appeler la maltraitance.
Je pense que le rituel de la punition y joue pour beaucoup.
J’ai trouvé dans ta réponse pas mal d’éléments qui méritent réflexion. Je vais y revenir un de ces jours dans un sujet à part.
Par isabelle183 le février 2, 2009
à 9:47