Blondie, t’as posé pour ces photos ?
Euh, oui chéri. Mais je te l’ai caché. Je me suis dit que tu pourrais me fesser … au cas que tu les découvres.
Daswood, qu’est-ce que tu vas faire ?
Quelque chose que j’aurais dû faire depuis longtemps.
Espérons que je découvrirai d’autres bêtises
Dessins : © Chic Young
Petite Bd toute mignonne qui met à l’honneur la DD et son échelle de valeurs : Avant tout l’amour pour son partenaire, les enfants et la famille au sens large, la fidélité, la confiance et le respect mutuel.
Valeurs purement subjectives bien entendu. Je ne saurais parler au nom d’autres couples qui vivent en DD. Mais le principe de l’exclusivité du partenaire ressort de la plupart d’écrits. Et le cliche de punition parce que Madame aurait commise une infidélité qui hante pas mal de récits distrayants me parait loin de ce que je vis et ressens. La DD ne se confond pas à mes yeux avec un libertinage quelconque. Je suis toujours amusée quand je découvre des gens qui associent la pratique de la fessée dans ce cadre à un comportement particulièrement coquin qui laisse les portes ouvertes aux aventures.
Au contraire. Comme montre bien la petite Bd, la DD n’est pas apologie de la permissivité. Il y a des règles à respecter. Ce qui saute aux yeux c’est le consensus tacite sur la nature d’un faux pas et son mode de punition. Ce consensus de base n’est pas le fruit d’une réflexion. Je pense qu’il révèle quelque chose de plus profond.
Personnellement je trouve qu’il faudrait considérer la fessée dans la DD dans son sens primaire. Loin des coquineries et de la fessée coquine surtout. C’est la fessée pour du bon qui est l’enjeu. Tout court et tout simplement.
J’aimerais mettre en relief la charge émotionnelle que contient l’expression :
Une fessée bien méritée !
D’abord un constat : La sensibilité en commun à cette petite phrase semble à mes yeux révélatrice d’un fantasme bien particulier qui crée une intense complicité entre les partenaires. C’est un langage codé venant des profondeurs qui contient implicitement la légitimation de la fessée sur un niveau fantasmatique. Il importe peu à ce stade s’il s’agit d’un couple de longue date, du tout beau, tout nouveau ou d’une rencontre de fortune. La petite phrase crée également un lien agréable quand on échange avec d’autres gens sur la fessée. C’est se comprendre sans trop de mots.
Le sous-entendu de la « fessée bien méritée » va plus loin qu’une simple légitimation pour se procurer du plaisir. Il y a des gens qui culpabilisent sur leur fantasme de fessée et qui ont besoin de prétexte, certes, mais l’enjeu dont je parle concerne l’alchimie du fantasme même qui le rend émoustillant.
En fait sans me voiler la face, je pense que l’effet de la petite phrase se base sur un mécanisme « crime/pêchée/faute/faux pas etc et châtiment » qui se passe devant mon tribunal interne. Et analoguement devant celui de mon partenaire. Dans les deux cas le verdict est le même :
Tu mérites une fessée, isabelle
C’est le sérieux qu’accorde mon monde fantasmatique à ma « faute » qui rend la punition savoureuse et non le sérieux accordé par ma raison. Et c’est avec « le même sérieux » que mon homme se prépare à exécuter la sentence que son tribunal intérieur me réserve. C’est l’identicité des jugements qui crée le consentement pour l’acte qui va suivre.
Et dans ce cas, ça ne plaisante pas chez nous. Il n’y a pas de censure comme dans cette Bd qui est apparu pour la première fois au début des années 30. Chez nous c’est « du cul nu » au moins. Allant jusqu’à la nudité intégrale selon mes fautes. Mais aucune allusion à un petit interlude érotique. Je suis corrigée pour apprendre de mieux faire et il arrive parfois que je doive réciter ma leçon à haute voix. Surtout en cas de récidive. Une fois « justice » rendue mon comportement ne laisse en plus rien désirer. Et Monsieur est fier de moi quand il reçoit par la suite des compliments sur mes bonnes manières et ma conduite impeccable.
Inutile de chercher le rationnel dans cette démarche. A la base il n’y en pas et rationaliser à posteriori m’est parait moins utile que raisonner (et résonner) par la peau de fessées. Car cela comble les deux partenaires et c’est le but.
J’aime quand je passe devant ses amis et amies pour une compagne modèle. Il ne me viendrait plus à l’idée de contredire mon homme en public. Ce n’est pas la divergence qui génère ma punition, mais le fait d’en faire un spectacle devant des personnes que cela ne regarde pas.
Mais sur ce point Monsieur est pareil. Il ne me contre dit pas non plus. Nous sommes solidaires jusqu’au bout. Nous n’étalons pas nos éventuelles divergences qui ne rentrent d’ailleurs pas non plus dans notre cadre de la DD.
Toutefois pour que la « fessée bien méritée » devienne un événement qui soude le couple il y a des règles à respecter. A mon niveau personnel le dosage de la douleur est primordial. Trop faible, il m’empêcherait d’expier correctement ma faute, trop fort je me verrais dans un scénario S/m qui n’est pas ma tasse de thé. L’allusion à la Bd en haut n’est pas anodine. J’aurais pu aussi choisir une des nombreuses fessées cinématographiques de la grande période hollywoodienne. A aucun moment cela s’apparente à la violence conjugale ou à la violence tout court. Je n’ai pas envie de rentrer plus ici dans les détails techniques. Seulement mon ressentir :
Je trouve que je reçois les fessées que je mérite.
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