La fessée en caves sombres et maisons lumineuses

wp4112009.4J’évoquerai dans ce post des associations d’idées purement subjectives. Ce qui est selon moi le meilleur moyen de s’approcher de la vraie nature d’un fantasme ou d’une pratique inspirée par un fantasme.

Personnellement l’univers sadien m’inspire peu. Le trouve froid et tristounet. Il me parait donc absurde de le rejeter ou de le critiquer pour une raison aussi vague. Fait est que la poésie du château sombre où se passent des choses derrière des hauts murs et grillages me laisse insensible. Et l’évocation d’une cave équipée me fait plutôt sourire car je l’associe à une absence de confort. Je ne parle même pas de l’idée de me retrouver accrochée à des chaînes ou à une croix. Alors c’est mal barré pour une pratique dans ce sens. Le petit frisson me manque.

De l’autre côté, il me parait compréhensible qu’un adepte de S/m (comme de la fessée coquine) trouve la DD qui punit des fautes pour de bon complètement aberrant. A ma compréhension De Sade explore des nouvelles formes de plaisir. Mode de vie qui me tente peu. Je recherche plutôt le bien-être en famille.

Le but de mon blog n’est pas d’établir quel genre de fantasme rentre plus dans le politiquement correct, mais plutôt de montrer les différences qui font la richesse humaine. En m’abstenant d’une morale quelconque. Car le but de toute morale consiste à endiguer ce qui se trouve véritablement en chacun de nous.

Au contraire du château et de la cave du S/m j’associe la DD à une très confortable maison, lumineuse dans le moindre coin, abondante de couleurs. Où il fait bon vivre et où on entend les échos d’une la vie joyeuse. Le son d’une correction se propage seulement de temps en temps –quand besoin y est -  pendant un court instant, avant de laisser la place à nouveau aux rires.

La discipline se vit au grand jour et ne s’applique pas dans des espaces aménagés à ce but. Les instruments de discipline sont intégrés dans le décor du quotidien. Un martinet accroché à côte de mes ustensiles de cuisine m’émeut plus qu’un coin sanctuaire ou quasi culte.

Voila ce qui m’importe au niveau de mon romantisme. Que la DD me convient se comprend déjà facilement par l’étymologie.

La définition de « domestique » (= ce qui se rapporte à la maison) renvoie à domus, maison, en latin. Mais un domus n’est pas n’importe quelle maison. Il s’agit d’une sorte de pavillon individuel, habité par une seule famille et dirigé par le pater familias. Donc un signe extérieur d’un certain confort dans la vie. Le domus se distingue de la « insula », sorte d’habitat collectif et ancêtre des nos immeubles. Etymologiquement venant de l’île, et par extension : ce qui est entouré par des rues.

En gros, mon idéal de vie se trouve quelque part entre l’univers Barbie et le quartier des « Desperates houseswifes ». Le désespoir en moins. Au contraire. J’ai une pêche d’enfer et je semble increvable. Etant très souriante et respirant la bonne humeur à longueur de jour, on me juge au premier abord comme superficielle. Pour cette raison mon amour pour la discipline surprend beaucoup quand j’en parle pour la première fois. Et encore plus mon penchant pour une activité régulière que d’autres associent à un travail ou une contrainte. Par contre les très rares intimes que j’ai mis au courrant de mon faible pour la DD avaient des réactions similaire :

M’étonne pas de toi, isabelle…

Ou encore

Ca te va comme un gant, isa…

Ce qui me rend particulièrement heureuse dans la réaction de mes proches c’est que personne n’a émis à un moment ou un autre un lien avec la violence conjugale. Pour eux mon penchant reste une fantaisie comme une autre…par leur truc, mais l’essentiel c’est que moi je m’y retrouve.

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