J’ai envie d’écrire quelques mots sur l’existentialisme de la fessée. Il se base sur une observation assez fréquente :
Pas mal de messieurs qui aiment la fessée sont également attirés par les fesses des dames.
Cela semble au premier abord un constat d’une banalité sans pareil. Ensuit souvent presque une forme de « philo de vie » qui les distingue de pas mal d’autres hommes qui ont une nette préférence pour les seins. De toute façon dans ces constellations l’attirance se porte vers un multiple.
Si on se fie au développement libidinal la première attirance de l’enfant (peu importe son sexe) se porte sur les seins, la deuxième sur les fesses. Puis elle se déplace vers le singulier qui fait la différence entre garçons et filles et culmine dans le complexe d’Œdipe. Ces théories sont aussi largement connues que critiquées.
J’aimerais aborder ici un aspect de l’analyse qui va plus loin que ses aspects un peu caricaturaux. Il serait absurde de croire que l’analyse se résume au développement de la libido.
Il y a beaucoup des gens qui se posent des questions sur l’origine de leur fantasme de fessée. Des textes dans ce sens ne manquent pas sur le net. C’est en gros une question sans grand rapport – à mon sens – avec ce qui est essentiel dans la fessée :
L’autre, avec lequel on met son fantasme en pratique.
Dans la plupart des récits (masculins) la dame est inexistante. Elle est évoquée comme support de fesses à fesser. On n’apprend rien sur elle à part qu’elle aime être fessée et l’étendu des effets physiologiques de la fessée sur elle. Ce sont de récits mécaniques qui retracent grosso modo un acte de masturbation qui prête à la dame le ressentir du monsieur.
L’auteur joue un double rôle :
Il est la personne qui inflige et qui subit à la fois.
Je veux bien quand il s’agit d’une pure description d’un fantasme.
Mais quand un auteur parle de ses pratiques d’une telle manière je me pose toujours la question quelle place réelle il attribue à sa partenaire Comme être humain je veux dire. Il a beau dire que la fessée se passe dans le respecte mutuel etc, etc. Mais quand la partenaire ne mérite pas la moindre attention verbale comme être humain, elle parait au lecteur seulement comme … une paire de fesses. Ce sont des récits qui n’ont intérêt que pour leur auteur, comme résume si bien une personne que j’apprécie beaucoup pour la lucidité de sa pensée.
Je ne généralise en aucun cas. Il y a bien des messieurs qui mettent la dame au centre. Elle passe avant la pratique. Elle est vivante, dotée d’un esprit, des émotions. Bref c’est un vrai plaisir à lire.
Les récits de femmes me semblent différents. Il y a presque toujours une sorte d’éloge des qualités humaines du monsieur et on comprend aisément pourquoi la dame s’est laissé tenter.
Puis, en lisant des textes de DD (je ne parle pas du caricatural) la fessée devient un élément secondaire et c’est le partenaire qui occupe la place la plus importante. Il y a détachement de l’acte et les émotions emportent sur la mécanicité.
La fessée tient une place importante dans le couple certes, sans toutefois former le noyau de la relation. Elle est détachée de la sexualité vanille qui elle reste du domaine du privé. La fessée n’exprime pas de façon déguisée un simulacre de coït.
Tous ces phénomènes de différentes approches s’expliquent facilement par un concept de l’analyste Karl Abraham qui parle le premier du développement de l’amour objectal. Il s’agit en quelque sorte du processus de la prise de conscience de l’existence de l’autre comme être humain et non comme source de plaisir.
C’est au moment que l’autre se détache dans ma pensée de la satisfaction pulsionnelle qu’il devient un être humain à part entière. Distinct de moi et à découvrir à tout instant.
Il n’est plus une annexe de mes propres fantasmes projetés en une autre personne.
Dans ma vision personnelle de la fessée c’est l’autre qui m’attire vers cette pratique. Simplement parce que c’est lui. J’ai besoin d’un rapport émotif avec cette personne avant qu’une excitation au niveau de la fessée puisse se créer. Pour cette raison mon « besoin de fessée/punition » est nominatif. Il ne surgit pas dans ma vie sociale de manière aléatoire. A la pure vue d’une personne ou selon un contexte qui se prêterais à la fessée.
Je ne dois pas avoir « une tête à me faire fesser ». Si cela puisse bien exister. Et encore moins une façon de me comporter dans la vie sociale qui permet ce genre d’association. Mon penchant pour ce fantasme surprend toujours quand j’en parle. D’ailleurs quand j’achète un martinet par exemple, cela prête à confusion. J’ai eu une fois une réflexion qui semble bien résumer l’attitude que je dégage :
Pas commode la petite dame !

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