“J’ay ouy parler d’une grand’Dame de par le monde, mais grandissime, qui, ne se contentant de sa lasciveté naturelle, car elle estoit grand’putain, et mariée et veufve, aussi estoit-elle fort belle, pour la provocquer et exciter davantage, elle faisoit quelquesfois despouiller ses Dames et filles, je dis les plus belles, et se delicatoit fort à les voir ; et puis elle les batoit du plat de la main sur les fesses aveq de grandes claquades et plamuses assez rudes, et les filles qui avoyent delinqué en quelque chose, avec de bonnes verges ; et allors son grand contentement estoit de les voir remuer et faire les mouvementz et tordions de leur corps et fesses, lesquelz, selon les coups qu’elles recepvoyent, en monstroyent de bien estranges et plaisans.
Aucunes fois, sans les despouiller, les faisoit trousser en robe (car pour lors elles ne portoyent point de callezons), et les claquoit et foytoit sur les fesses, selon le subjet qu’elles luy donnoyent, ou pour les faire rire, ou pour pleurer. Et, sur ces visions et contemplations, y aguisoit si bien ses appetits, qu’aprez elle les alloit passer bien souvent à bon escient avec quelque gallant homme bien fort et robuste.”
Pierre de Brantôme (1540 env. à 1614)
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