Publié par : isabelle183 | juin 15, 2010

Fantasmes culturels : Fessée pour le port d’un jeans 3

Suite de : Fantasmes culturels : Fessée pour le port d’un jeans 2

Après avoir exposé mes fantasmes d’adolescence autour de la fessée en jeans, voyons d’abord un peu les dessous de telles constructions.

Dans ma petite enfance j’étais passionnée par les jeux de déguisement. Derrières les apparences d’un innocent jeu de petite fille se cache la quête de l’identité sexuelle. Abordée de manière ludique. Fée, princesse et j’en passe. Grosso modo des stéréotypes d’une certaine féminité, vu par un enfant. Il existe un processus analogue pour les garçons.

La question de l’identité sexuelle n’est pas à sous-estimer chez un petit enfant. Elle lui livre une réponse simple et satisfaisante à la question :

Qui suis-je ?

(A ne pas confondre identité sexuelle avec orientation sexuelle.)

Personnellement je pense pour être bien dans sa peau, il faut d’abord être sûr de son sexe « dans sa tête ». Ce qui n’est pas du tout évident. Il existe beaucoup d’écrits de femmes qui tournent autour du fait qu’elles n’arrivent pas à se sentir femme ou même « être femme ».

L’importante question de l’égalité des sexes qui porte en fait sur les mêmes droits dans la société concerne plutôt les adultes. Cela dépasse la compréhension d’un petit enfant. Notamment quand les adultes établissent bien arbitrairement un lien entre égalité des sexes et indifférenciation des sexes par le biais du vêtement. L’enfant étant le maillon le plus faible doit s’y faire et cela peut causer des dégâts.

Dans mon enfance l’unisexe était bien installé. Il était de bon ton de procéder à l’indifférenciation des filles et garçons très tôt. Presque au berceau je dirais. Pour ma part j’ai plutôt vécu une perturbation de mon processus d’identification sexuelle. Me sentant fille au plus profond de moi, je ne comprenais pas pourquoi je devais me déguiser en garçon. Pourquoi je ne pouvais pas porter à longueur de journée des robes et jupes.

Débouchant sur une simple conclusion.

Quand je serai grande je ne porterai que des robes et jupes.

Puis vint l’adolescence. Une phase bien difficile pour beaucoup de personnes. Pour moi il s’agit avant tout d’établir un bon compromis entre sa propre individualité et le sens en commun.

J’avais l’impression que mes copines vivaient mieux que moi le contexte de l’indifférenciation. Visiblement l’envie de se mettre en tenue « typiquement féminine » ne les travaillait pas. Ou du moins nettement moins que moi.

En moi, il y avait une contradiction. Je n’avais pas le courage de m’opposer au sens commun. Au détriment de mes propres désirs.

J’ai essayé de combattre ce que je voulais être : une femme féminine. Mais je fus toujours rattrapée  par mon désir qui réclamait en plus de punitions pour ma lâcheté.

Voila donc une explication rationnelle de ce fantasme. Que j’oppose le port du jeans à ma conception de la femme féminine est une construction fantasmatique purement personnelle. Sans jugement de valeur sur la réalité féminine. Idem de faire intervenir la fessée.

Je ne me pose pas la question si ce genre de fantasme soit répandu ou pas. Mais je sais par exemple que mon homme partage un fantasme assez analogue. Un pilier de notre DD qui articule autour de la composante identitaire masculin/féminin.

Se dévoile ainsi mieux la charge émoustillante d’une conduite  exemplaire. Cela se rapporte en grande partie à des artifices qui rendent la dame plus féminine : sa coiffure, son maquillage, ses épilations, sa tenue comme les robes, jupes, bas etc.

Je serai tentée de dire qu’une telle DD a des chances de bien marcher à la longue. Si elle est souhaitée des deux côtés évidement. Car elle tient compte du véritable désir de la dame.  Puis de nos jours, le désir d’être une femme féminine est socialement compatible à nouveau. On peut s’afficher en tant que telle sans complexes.

Ceci dit je distingue entre femme féminine et femme « aguichante ». Je n’ai rien contre ce dernier aspect, mais il me plait de le vivre seulement dans mon intimité. Un monsieur qui voudrait que je me transforme en créature provocante aux yeux de tout le monde ne me conviendrait pas. Je suis plus attirée par un homme qui voudrait garder cette facette de moi « jalousement » pour lui tout seul.

Cette base de DD me parait bien différente et surtout plus facile à vivre au quotidien qu’une DD qui souhaite punir la dame pour ses actes sociaux de l’ordre généralisé.

Un exemple simple pour ma distinction: Me prendre une grosse fessée parce que je me promène en ville lors d’une sortie commune avec un bas filé me semble de bonne guerre…quand j’ai oublié de prévoir un bas d’échange dans mon sac. Je serai la première à réclamer une sanction. Par contre de m’en prendre une pour une contravention, dépasse mon fantasme de DD. Mais habituée à mes propres irrationalités, je ne critique pas ceux des autres.

Je ne crois pas dans la solidité et la réalisation à long terme d’une DD qui dépasse les fantasmes de la dame. Mais c’est un sujet à part entière qui dépasse celui-ci.

Ceci dit, la charge émoustillante du fantasme de la femme féminine est donc en grande partie de l’ordre psychologique. Le non-dit de la fessée y associée va plus loin qu’un simple prétexte pour un jeu sensuel. L’enjeu inconscient (comme tout enjeu inconscient d’ailleurs) est bien réel. Et vu que la mise en pratique de ce fantasme s’accompagne d’une réelle sublimation de la féminité à mes yeux, le rends pour moi autant plus attirant.


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