J’ai une approche mitigée envers les histoires d’amour qui hantent la littérature du moyen âge. Peut-être parce que le sens du tragique me manque quelque peu. Ayant une approche de plus optimiste envers la vie, je me lasse vite quand les obstacles s’accumulent et l’ombre de « l’amour impossible » pointe son nez. Pour ma part, je n’y vois rien de voluptueux dans le renoncement. Existentialiste jusqu’au bout de mes ongles (vernis), seul m’intéresse ce qui est réalisable entre deux êtres humains.
De l’autre côté j’accorde une grande place à mes rêveries éveillées. C’est un monde loin de la réalité parce qu’au bout du compte le fantasme ignore l’Autre et se contente de mettre en scène différentes facettes de soi-même qui se rencontrent sous forme de personnages fictif.
L’autre, c’est moi aussi dans ce cas là.
Il y quelque temps j’ai lu les péripéties d’Héloïse et d’Abélard. Ce dernier était un des meilleurs philosophes de son temps et précurseur du conceptualisme. Mais ce qui a vraiment capté mon attention dans cette histoire c’est le fait qu’Abélard était professeur privé d’Héloïse avec le droit de procéder à des châtiments « ex manu » (par la main), veut dire de lui appliquer des fessées en cas de besoin. Voila donc à quoi ce petit dessin me fait penser.
Je ne suis pas convaincue du tout que la fessée améliore les capacités intellectuelles. Au mieux elle peut se révéler efficace en ce qui concerne de réciter des cours par cœur. Donc loin du but d’une éducation digne de ce nom à mes yeux qui devrait préparer à la pensée autonome.
Et même sur un niveau fantasmatique il me manque l’attirance pour les scènes trop scolaires qui tournent autour de l’acquisition des bases. Par contre je chéris avec beaucoup de plaisir (c’est le cas de le dire) des fantasmes universitaires. Sous forme de jeu de pouvoir. Par exemple perturber mon prof par des petits trucs de fille pendant qu’il est en train de m’expliquer quelque chose de très complexe. Ou par un jeu de séduction très poussé. Ou encore par mon impertinence qui est dans certaines circonstances ma deuxième nature. Bref je n’ai rien d’une fille timide qui adule son prof avec des yeux grands ouverts. Je suis parfaitement à l’aise dans mon « rôle » de femme qui sait ce qu’elle veut.
Evidement tout dépend du prof en face de moi. Avec mon homme j’ai des mauvaises cartes. Il m’a montrée dès le début qu’il se laisse perturber seulement quand lui il le décide. Il ne perd jamais le nord. Ce qui me plait beaucoup en lui.
Quand il m’explique quelque chose de vraiment important et je manque d’attention, là il sévit vite. En gros une transcription fidèle de mes fantasmes de jeune fille à un âge adulte. Mode de fonctionnement qui nous convient à la merveille.
La fessée pour améliorer « mon attention » n’est au fond pas dramatique. Bien sur j’ai les fesses en feu et le fait de devoir m’asseoir tout de suite, n’arrange rien à la brûlure. Mais…et cela m’a surpris rapidement dans notre vie commune, je suis bien attentive. Pour une fois, au lieu de me reposer sur la vaillance de mon chéri je l’écoute sans perdre une miette…
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