Publié par : isabelle183 | août 22, 2010

Discussion entre copines

Je mériterais une bonne fessée !

Dit-elle, ma nouvelle copine, sans se douter pour le moins au monde pourquoi mon visage s’empare aussitôt d’un sourire amusé.

Elle a commis à son taf une bêtise monumentale et se trouve dans un sacre pétrin. En fait, c’est moins grave que cela a l’air. Toutefois pour arranger les choses cela demande un grand effort. En gros un bouffe-temps fort désagréable avec des démarches pénibles. Elle n’est pas contente d’elle-même.

Je profite pour une petite remise en question. En silence. Entre moi et…moi. Encore une qui me parle de mon penchant favori.

Est-elle au courant de mes pratiques ? Je ne pense pas. Je me confie seulement aux personnes qui savent garder un secret. Cela existe et je n’ai pas à me plaindre de mes amies.

Est-ce mon fantasme intervient inconsciemment dans le choix de mes copines ? Que je guète le moindre détail qui pointe dans la bonne direction ?  Piste à suivre, mais pas maintenant, car trop complexe.

Question de mentalité, de la campagne, de la montagne ? Fort possible. Effectivement j’entends souvent parler de pan-pan cucul, de martinets, nerf de bœuf. Même à la pharmacie ou à la boulangerie quand j’attends mon tour. Ce sont les autres qui en parlent. Et le rayon martinet existait au supermarché, il y a deux ans encore, sans que cela ne dérangeât personne.

Est-ce une expression anodine qui est mêlée à toutes les sauces ? Il existe son analogue en Allemand. Il est vrai, elle s’utilise moins souvent là-bas. Toutefois elle est sortie des bouches dont je m’en doutais le moins. Des braves gens bien sérieux. En fait, moi aussi je fais partie des gens dit sérieux et ma nouvelle copine aussi. Anodine ?

Un ange est passé. J’attends toujours son passage quand il y a allusion quelque part à la fessée. Je ne saute pas sur l’appât. Ce n’est pas propice quand je veux creuser un peu plus.

Ma nouvelle copine en redemande sans relance :

Cà te faire rire, isa ?

J’essaye d’imaginer.

Elle se retourne et jette un coup d’œil sur son fessier couvert par un jean bien coupé. Visiblement elle imagine aussi.

Je réalise une fois de plus à quel point le sujet est délicat. Non, plutôt je réalise avec quelle délicatesse j’entoure parfois le sujet.

Cà t’arrive jamais ?

Oh que si !

Alors tu vois comment je me sens en ce moment.

Oui, je vois parfaitement. Un mal est fait et ce serait tellement plus facile et rapide de s’en sortir par la peau de ses fesses. Fantasme de commodité, du moindre mal. La brûlure d’une petite correction ne dure pas aussi longtemps que d’arranger ses erreurs par soi-même. Pensée de plus enfantine : correction = ce qui est sensé corriger la faute dans la réalité comme par magie. Sorte de Paradis retrouvé.

Puis après l’acte ce sentiment de toute puissance qui monte à la tête. Aspect souvent oublié quand on parle des effets secondaire de la fessée entre adultes.

Ma nouvelle copine, pense-t-elle à l’aspect coquin de la chose ?

Je n’en sais rien. Mais je n’y crois pas. Résumer la fessée à ses aspects érotiques me parait réducteur. J’opterais plutôt pour une hypothèse du style :

Elle permet à certaines personnes d’évacuer facilement les tensions négatives. La douleur n’y est pas pour rien, mais elle reste secondaire dans une alchimie complexe.


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