Entre mon homme et sa belle mère (ma Maman donc), c’est une histoire d’amitié profonde. Nous sommes loin du cliché qui semble hanter la caricature populaire. Ces deux-là s’entendent à la merveille depuis leur première rencontre. Aussitôt présentées, mon homme a fait clairement comprendre à ma Maman à quel point il trouvait la dénomination de « belle mère » éloquente dans le sens littéraire. Et ma Maman n’a pas pu s’empêcher de répliquer pour sa part :
Comme il est élégant et galant mon beau fils. Vous formez un très joli couple !
Nous avons un sens de famille très prononcé et même sans mariage mon compagnon est devenu aussitôt le beau fils. C’est folklorique et il faut aimer des telles ambiances. Mais vu que mon choix de partenaire s’est tourné vers un homme qui voit une valeur dans la famille, tout se passe au mieux.
Il est difficile de transcrire la joyeuse ambiance qui règne lors des réunions familiales. Il règne un climat d’ouverture d’esprit et il est possible d’aborder tout genre de sujet avec mes parents.
Cela n’a pas toujours été pareil, notamment pendant mon adolescence, quand ma mère trouvait que sa fille n’avait pas bien retenu le progrès que la libération de la femme avait apporté. Idem pour mon gout concernant une certaine discipline. Bien que trouvant ses bases plus dans l’érotisme que dans la rationalité, j’aime une vie ordonnée et structurée. Sans que cela soit une obsession, je me retrouve bien dans un certain encadrement et il contribue à mon épanouissement. Un contresens aux yeux de ma mère aux acquis de l’équivalent allemand de l’époque 68tarde française.
Bon, j’avoue qu’il me manque un caractère révolté. Plutôt insoucieuse, je fais partie des personnes qui sourient en quasi permanence à la vie. Et j’adore m’amuser et qu’on m’amuse.
Ce jour-là ma Maman était partie dans sa cuisine pour faire du café. Tandis que moi j’avais envie de taquiner mon homme dans le cadre de mon enfance. Grand gamin dans le fond, bientôt il courrait après moi pour me taper sur les fesses. Alors j’ai tenté de me réfugier auprès de ma Maman qui nous regardait d’un air de plus amusé arriver.
Maman, il veut me taper sur mes fesses !
Elle me fixa d’abord, puis mon homme avant de prononcer son véridicité en s’adressant à mon chéri :
Je vais servir le café au salon. Faites comme chez vous.
Connaissant sa fille depuis toute petite, elle avait bien cerné que nous aimons des rapports quelque peu “fantaisistes”.
Puis en s’adressant à moi :
On récolte dans la vie ce qu’on cherche, isabelle !
Depuis mon homme me rappelle souvent la bénédiction de ma mère quand il me chope pour ce que je considère comme des vraies bêtises. Et dans ce cas ce n’est pas pour plaisanter.
Oui, ma Maman avait raison. Je récolte ce qui me semblait impossible à récolter lors de mes rêveries d’adolescence. Et inutile de dire que suis de plus heureuse.
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