Le fouet ne m’évoque pas grand-chose. Je me souviens d’une scène dans un des films « Angélique ». Je l’ai vue gamine, puis ado. C’est passé à côté de moi sans que mon imagination divague en direction fessée. Un peu idem pour mes lectures de « De Sade » ou « L’histoire d’O ». Aucune étincelle. Pour De Sade un souvenir de quelques phrases brillantes dans un univers fantasmatiquement ennuyeux à mon gout. Et pour l’histoire d’O, ma foi, r a s aussi. Je n’ai jamais fini ma lecture.
Je crois que l’univers des adeptes plutôt« séguriens » bien qu’il y ait allusion au fouet, se base sur d’autres attraits que les univers « sadiens ».
Simone de Beauvoir apporte une réflexion intéressante sur ce qui est l’essence du ségurien en constatant d’abord que le héro privilégié n’est pas un homme, mais des femmes. Puis elle ajoute :
« Les livres de Mme Ségur sont une curieuse exception : ils décrivent une société matriarcale où le mari quand il n’est pas absent joue un personnage ridicule… »
Ce qui m’évoque la pensée suivante :
Le fantasme de la discipline domestique serait-il un contrecoup du matriarcat ? Le désir que le monsieur revienne et prenne les choses en main…ferme ?
L’idée ne me parait pas absurde et je m’y retrouve sous bien de points de vue. Littéralement dans le sens que ce soit le monsieur qui porte le pantalon dans mon couple.
Evidement l’expression « porter le pantalon » demande précision. Et c’est là où se pose la difficulté. Mes éléments associes à « porter le pantalon » n’ont rien de rationnel. Il faut les décoder un par un et les remettre dans le contexte de notre société actuelle. Ils ne se confondent pas avec une position patriarcale d’antan ou encore avec un machisme primaire. L’acquis social de la femme m’est naturel en quelque sorte. Il existait déjà quand j’étais petite gamine et il faut en tenir compte.
Je reconnais, qu’il n’est pas facile pour un monsieur de démêler tout cela. Il faut être attentif à la dame avec une oreille qui attend plus loin qu’une simple réalisation d’un plaisir coquin. Et surtout ne pas hésiter à poser des questions…
La dame peut aussi parfois s’exprimer… Malheureusement, chez le monsieur comme chez la dame, il n’est parfois pas facile de démêler son propre désir et telle idée nouvelle qui peut enflammer l’esprit (ou pas) se révèlera laisser le corps de glace (ou pas) en fonction du moment, du contexte, de la chimie. Le pouvoir de la chimie interne me semble infinie et nos états d’esprit ne changent-ils pas du tout au tout d’heure en heure.
Par colibri1172001 le novembre 16, 2010
à 12:40
Je suis d’accord avec vous sur le principe, Colibri! Parfois j’ai l’impression que la discipline domestique puise une bonne partie de ses émotions de “jouer avec le feu”. De risquer la peau de ses fesses quand on a pas envie du tout. Une recherche de repère et de stabilité sécurisante parce qu’elle se moque justement de la fluctuation de nos états d’esprit.
Par isabelle183 le novembre 16, 2010
à 8:59
Remettre entre les mains tannantes une part de ses angoisses…
Par colibri1172001 le novembre 16, 2010
à 9:11
Je pense qu’il y a pas mal de cela dans la DD. Deux éléments supplémentaires et indispensables à mes yeux :
Si on se fie très librement à la psychanalyse, il semble exister une possibilité de réversibilité de l’angoisse en émoustillement. Même s’il elle ne parle toujours que de ce phénomène dans le sens inverse.
Puis la globalité de ce processus qui contribue subjectivement à une augmentation de « l’intensité du vécu » par un riche en chamboulement d’émotions.
Par isabelle183 le novembre 17, 2010
à 2:31
Je suis assez d’accord avec votre analyse. Femme moderne, vibrant bien plus des univers séguriens que sadiens, je ressens clairement le besoin de reprise en main régulière par un homme sévère afin de calmer mes angoisses. Le délicieux passage o.t.k. est pour moi le moment de quitter cette égalité sexuelle chèrement acquise par nos aîné, et à laquelle je crois totalement, n’en doutez pas! Mais un petit moment, de temps en temps, où celle-ci s’estompe est tellement rassurant… N’avoir plus décider par soi-même, quitter ses angoisses, et laisser un homme décider… Mmmmh!
Par Latis le juillet 7, 2011
à 4:03