Affiche du film suédois Flickorna (Les filles) de 1968.
Il y a une scène quelque peu surréaliste dans ce film. Un homme entre dans un hall de gare. Un simulacre de dispute entre ce monsieur et une dame. Les deux semblent bien se connaitre et la dame se met aussitôt en position de bouder. Le monsieur exaspéré depuis le début de la scène (je suppose à cause d’autres comportements antérieurs de la part de la dame) la met sur ces genoux pour lui appliquer une fessée devant les autres voyageurs qui approuvent son acte. Mais ce n’est pas encore fini. Gros plan sur la dame qui elle aussi apprécie visiblement ce traitement.
http://www.myvideo.de/watch/6040727/Flickorna
(Provenance: Movie Database)
Le tout reste volontairement dans le comique. A aucun moment il y a la moindre impression que le monsieur agisse contre la volonté de la dame. Au contraire il semble accomplir le désir de la jeune femme.
Il n’est pas le but de mon blog de faire de la critique sociale. Loin de moi de vouloir fermer mes yeux sur un sujet aussi important, mais je trouve que le non-dit émotionnel et irrationnel des relations entre hommes et femmes mérite une aussi ample considération. Justement parce qu’un être humain n’est pas une entité purement rationnelle. C’est en établissant un juste équilibre entre ces deux notions que l’on s’approche le plus à mon avis des secrets de « la nature humaine ».
Un secret qui semble travailler pas mal de personnes c’est le rapport entre le désir de vivre pleinement un fantasme de fessée disciplinaire et une position féministe. Contradiction en apparence qui ne s’explique pas à mon avis par une « mauvaise conscience » quelque part envers les idées féministes.
Pour éclairer un peu ce mystère, c’est-à-dire mon plaisir perso de me projeter à la place de la jeune femme du clip sans renoncer en rien à mes positions féministes, il suffit de savoir que le film est inspiré par Aristophane. Détail vraiment important. A ma connaissance Aristophane est le premier auteur à pointer le doigt sur une thématique qui s’appelle la guerre des sexes. Stratégie de certaines femmes qui consiste à exercer une pression sur le monsieur en se refusant à lui. Et dans un degré moindre comme un comportement qui pourrait être qualifié d’emmerdeuse.
Mais au lieu de l’utiliser cette thématique un peu trop facile pour amuser le spectateur, il lui donne une dimension politique et sociale par la bouche de sa héroïne Lysistrata.
« Pour arrêter la guerre, refusez-vous à vos maris ».
Evidement Lysistrata parle d’une vraie guerre qui fait ravage entre Athènes et Sparte. C’est pour moi en quelque sorte un germe de féminisme qui faute de pouvoir intervenir directement sur ce monde, se sert habilement de la ruse féminine pour parvenir à un but noble. Seulement le but de la guerre des sexes n’est pas toujours aussi noble et peut se révéler comme une arme redoutable dans la main ou plutôt le corps d’une femme qui cherche son intérêt personnel en face d’un homme. Prenant parfois des formes les plus grotesques.
La stratégie de « la guerre des sexes » me semble la principale cause de nos jours qui discrédité les excellentes et légitimes idées du féminisme et qui l’entoure d’un aura de ridicule, voire de comédie de boulevard.
Une femme se comportant de cette manière évoque rarement de la sympathie. Ni de la part des hommes, ce qui est peu étonnant, mais non pas aussi de la part des autres femmes. Mais de l’autre côté une telle femme n’est pas un monstre non plus et l’issu de la fessée me parait une élégante solution cinématographique qui ne se justifié en aucun cas dans la réalité. Ceci dit, n’oublions pas que le but de film semble être un amusement quelque peu burlesque.
L’intérêt de mon petit exposé :
Ne jamais confondre la part de féministe en une femme et sa part qui joue à la guerre des sexes. Je sais de quoi je parle. Je n’aime pas du tout mes aspects « guerre de sexe » qui abusent de mes charmes naturels pour m’assurer encore plus de confort et agrément de la vie auprès de mon homme.
Et je m’en passerais volontairement, car dans ces situations, je me trouve moi-même avec le recul lourde et pénible. Seulement le plus souvent c’est plus fort que moi et je le reconnais.
Disons qu’un homme qui souhaiterait me fesser parce que j’ai des idées féministes se prendrait vite la porte avec moi. Et puis quoi encore?
Par contre un qui me prête « main forte » pour corriger mes excèdes involontaires de « guerre de sexe » trouve toute mon approbation…et dans ce sens mes fessées me semblent plus que justifiées !
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