Publié par : isabelle183 | décembre 1, 2010

La mauvaise foi

Je ne suis pas une fashion victime. Petite blogueuse à la campagne je vis un peu derrière la lune. Et je découvre les nouveautés avec beaucoup de retard. En voici une (du printemps dernier…) que j’ai vue sur le site ELLE.

Cela s’appelle vajazzling et consiste à appliquer du strass sur un pubis épilé.

Une vidéo sur la technique du vajazzling se trouve ici !

Cette nouvelle mode m’évoque spontanément… Bergson !

« Nous ne voyons pas les choses mêmes, nous nous bornons le plus souvent à lire les étiquettes collées sur elles. »

Perso je vois l’intérêt de cette petite déco intime sous différents aspects :

- Satisfaire mon narcissisme

Hélas ce dernier est trop mal habitué et demande des doses plus fortes ! Ce ne sont pas quelques paillettes en strass qui me feront craquer (plus) pour moi-même devant mon miroir. Et je n’y crois pas non plus que ce petit truc sous ma culotte augmentera significativement mon pouvoir de séduction.

-Satisfaire mon sens d’exhibitionnisme

A part au vestiaire d’un club de gym devant mes copines, je n’y vois pas trop l’occasion. Et encore moins l’intérêt. Sinon je n’ai pas d’attirance pour des endroits réservés à l’exhibition pure. Les lieux libertins ne me font pas vraiment fantasmer. J’ai trop tendance à les associer à la génération de mes parents. Pattes d’eph et  des poils à profusion y compris. Cliché perso certes, mais les clichés ont la fâcheuse tendance de surgir sans motivation avant qu’une pensée construite ne puisse se former. Ce qui est nocif, c’est de les confondre avec un fruit de réflexion comme indique l’expression : penser en clichés.

-Satisfaire le sens voyeuriste de mon homme

En fait, c’est quoi ce fameux sens voyeuriste ? Une réflexion intéressante se trouve que l’analyste Karl Abraham :

Ces pulsion sont destinées à éveiller la libido par la vue des qualités physiques de l’objet sexuel, que nous avons coutume d’appeler plus simplement ses “ attraits ”.

C’est appeler un chat un chat. A sa base la libido peut-être une réaction directe entre les yeux et les parties géographiquement basses du corps. Seulement entre les deux ses trouve quelque part notre cerveau qui donne une interprétation à ce qu’on voit. Puis il y a quelque part en nous une instance qui s’occupe de juger nos comportements qu’on ne le veuille ou pas. Qui décide quel genre de plaisir nous nous permettons et quel genre de plaisir nous nous défendons. Important pour moi ce n’est pas la nature exacte de ces jugements, mais le fait d’avoir pleinement conscience de leur existence. Ne soyons pas hypocrites :

Quel est le mal d’échauffer son homme par ses attraits visuels ?

A priori aucun et l’excuse de nos conventions sociales et morales ne tient pas la route dans l’intimité entre deux personnes. S’il y a malaise, je cherchais l’explication plutôt dans le rapport avec notre propre corps.

- Satisfaire mon sens tactile

Je n’ai rien contre l’auto-érotisme. Quand je ne suis pas en couple ! Mais je vis justement en couple parce que je trouve la sensation que mon homme s’occupe de moi plus plaisante que des efforts en solitaire. Au moins que le couple à l’époque de l’indépendance et autonomie féminine serve encore à quelque chose…

Alors j’imagine que les doigts de monsieur découvrent le résultat d’une longue séance chez l’esthéticienne. Et vu que les sensations ne s’imaginent pas, je serais franchement curieuse de savoir quel genre de frisson cela provoque. M’enfin sur ce niveau cela restera un pur fantasme. Cette mode, un peu mort née, n’arrivera jamais dans mes campagnes. Donc, un peu rancunière, je pourrais au moins

- Satisfaire ma mauvaise foi

Style : De toute façon, c’est un truc réservé aux filles qui se promènent en string et jeans à taille basse. Exprimé avec un dédain pas possible.

Le plus souvent je maîtrise bien ma mauvaise foi. En fait, elle sort essentiellement quand mon côté rivalité féminine s’éveille. Quand je j’ai l’impression que mon homme puisse être « attiré » par un autre physique féminin que le mien. Et là, je deviens redoutablement pénible. Et malgré une longue pratique de discipline domestique, mes améliorations sur ce point quasi inexistantes. De quoi à occuper mon « éducateur » favoris…à vie surement.

Pas besoin de faire un dessin : Disons que j’aurais bien essayé et le manque de possibilité à la campagne me fait râler…


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