Effets secondaires de la cravate

Mon chéri, moi et les cravates, c’est toute une histoire. Quand je l’ai rencontré, il en avait déjà. Étant bien « classique » sur ce point, je me suis dit:

Excellent signe!

Et – comble de surprise – il y en avait des jolies. Selon mes critères, cela va de soi.

Chouette ! Un homme de goût.

Il en mets pour aller au restaurant ou faire du shopping avec moi sans que je sois obligée de lui rappeler que rien ne va aussi bien avec une femme adepte de bas et porte-jarretelles qu’un homme portant une cravate.

Mais oui, on n’a rien sans rien  !

Pour mieux lui montrer que ce petit accessoire de rien du tout, dit phallique à juste titre, me procure des forts émois, je lui ai servi des repas en tête à tête, préparés de A à Z par mes soins et habillée uniquement en escarpins vernis et avec une de ses cravates. Il a beaucoup apprécié, non seulement ma cuisine mais aussi mon effort vestimentaire. On s’en doute un peu de la nature du dessert.

Mes efforts ont porté leurs fruits. Quand je lui offre des cravates (« le pauvre » selon ma Maman), ce n’est pas pour faire de la déco. Il les mets vraiment. Pas tous les jours, mais souvent …le terme convient bien.

J’aime beaucoup les situations quand mon homme sous l’emprise de l’alchimie hormonale commence à desserrer le nœud de sa cravate…parce que j’ai encore pris – en toute innocence – des poses indécentes qui perturbent sa concentration (il travaille à la maison). Par exemple en faisant la poussière de notre bibliothèque qui se situe dans l’étude de Monsieur et qui prend un mur entier. Plumeau en main aucun grain me résiste …

Tu fais encore la vilaine isabelle….

Ma foi, ce n’est pas très original ce qu’il a à me dire. Seulement là, il faut le comprendre. Il mène un dur combat intérieur entre sa conscience professionnelle qui est de taille, ses ambitions d’éducateur intransigeant pour grandes filles et une foulé de désirs pervers…

Vilaine, mais ouiii, je sais être terriblement vilaine !

Il arrive même à mon homme de pointer sur son pantalon pour me faire constater l’ampleur du dégât causé. Et moi insolente comme pas permis, je commence à ricaner…

…bêtement. Arrête isabelle, sinon je sors le martinet !

Oh oui, oh oui !

Je suis pliée de rire entre ce qui me pend au nez et ce qui se dresse devant mes yeux tandis que mon chéri desserre le nœud de sa cravate encore un peu plus.

Oh là, il a chaud, très chaud le pauvre…

Il respire profondément et essaye de se donner un air sérieux. D’après tout, l’autorité à la maison c’est lui. Et il est décidé de me le prouver. Je n’essaye pas de le divertir, par exemple en m’ajustant un des mes porte-jarretelles. C’est un geste qu’il adore, mais dans cette situation précise il considérerait cela comme une provocation supplémentaire. Alors je risque gros, des punitions à la hauteur de mon insolence. Style révision de mes pas de majorette avec des musiques allemandes de carnaval.

Maintenant c’est moi qui s’amuse…

Je reste donc bien sage devant lui en attendant le verdict. A partir de ce moment, il y a de différentes possibilités. Parfaitement imprévisibles ! Ce que j’aime par dessus tout chez mon homme.

Il me menace :

A chaque fois que je mets une cravate le matin, tu me fais ton cirque isabelle. Soit tu te calmes, soit j’en mets plus.

Terrible sa menace. Je me retiens de ne pas exploser d’un autre rire encore plus bêtasse.

Il est susceptible ce jour-là à la ruse féminine :

Il est bien connu que certains garçonnets se calment quand on leur propose une sucette. Pour certains grand garçons c’est pareil. Et quoiqu’il en dise, le mien, il bosse bien mieux après une petite récréation.

Il se comporte en homme…tout court :

Sois sur le canapé de son étude, sois penchée sur son bureau, soit sur un des tapis etc. J’ai pu constater dès le début de notre relation à quel point son étude est bien…étudiée. Mais oui, il n’y a pas que la discipline dans notre vie.

Il recourt ce jour-là à la intransigeance masculine :

Le martinet en main, il me demande de me préparer. Bon, ma faute, pour le moins qu’on puisse dire minime, dans l’échelle punitive de notre ménage, va entraîner une toute petite séance d’échauffement de fessier.

Toutefois cela tangue vers le punitif – et il m’importe beaucoup que mon homme me montre de cette façon qui porte le pantalon à la maison.

Mais avant, un moment particulièrement…délicieux  de gêne concernant mon déculottage. Par curiosité, j’aimerais bien voir la tête d’une séductrice chevronnée qui s’engage dans cette voie et qui comme moi doit remonter sa jupe et baisser sa petite culotte pour présenter aux yeux amusés du Monsieur son derrière dans une nudité paradisiaque. Pas de guili-guili, mais du pan-pan cul cul. Et après au coin, les fesses bien exposées. Je sais que Monsieur quand il a eu l’occasion de me corriger dans la journée, se montre particulièrement ardent le soir. Ce qui tombe bien. Moi aussi je me languis de cette réconciliation…

Ah oui, je me pose souvent la question si mon homme ne me provoque pas intentionnellement en mettant une cravate le matin !

Comprendre ses fantasmes#2

Freud a attiré notre attention…sur le fait que la frontière entre la « normalité » et la « perversion » était fort perméable, et que maintes activités habituellement qualifiées de « perverses » -voyeurisme, fétichisme, exhibitionnisme, intérêt pour une variété infinie de zones rendues « érogènes » -pourraient toutes jouer une rôle dans une relation amoureuse normale. Le mot à souligner là n’est pas normale, mais amoureuse, car, pour des raisons inhérentes à sa structure, la perversion, c’est la sexualité sans amour.

Joyce McDougall : Créativité et déviation sexuelle

Étonnant retour du bâton à la quarantaine

J’étais en train de discuter avec une amie. Rappel des faits :

…et ta belle collection de brosses ne sert vraiment qu’à tes cheveux, isa ?

J’ai poussé un cri de cœur :

Ah non, jamais avec une brosse. Nous avons  martinet pour cela.

N’étant pas née de la dernière pluie, mon amie avait vite compris que mon lapsus, ni vraiment volontaire, ni vraiment involontaire servait à ouvrir le terrain pour des discussions plus intimes.

Si ça peut te faire du bien…

Tout est là. Il m’importe beaucoup de « m’ouvrir » à des personnes qui savent distinguer entre une pratique mignonne pour se pimenter la vie à deux et un besoin pour se sentir mieux dans sa peau…après. En gros ma gêne ne se porte pas sur le fait que mon homme me claque les fesses de toutes les manières possibles, mais sur mon besoin de recevoir de véritables punitions. Sur l’aspect psychologique de ce « mal qui fait du bien ». Sur l’aspect de payer ma dette, d’expier une faute, d’être ramenée dans le bon chemin. Et tant d’autres constellations similaires qui offrent une vaste gamme d’émotions différentes et qui cherchent un apaisement psychologique.

Constellation de base similaire à celle de mon homme – corrections maternelles ritualisées pendant l’adolescence – mon amie n’ a pas érotisé son vécu. Elle parle avec beaucoup d’humour de ces « 400 coups  de jeunesse » récompenses par d’autres coups avec le dos de la brosse. Et à part un « sacre mal au cul », elle se souvient surtout d’avoir dormi après ses corrections « comme un bébé ».

Puis la mère arrête le traitement, estimant sa fille assez grande pour ne plus en avoir besoin. Et mon amie confirme :

Je n’en avais plus besoin !

En côtoyant mon amie pendant des années, mis à part qu’elle est bavarde comme tout sur ces détails de son passé, je n’ai vu aucun signe d’intérêt de sa part pour intégrer les méthodes maternelles dans sa vie adulte. Ni même sous forme ludique. J’ai vu ses enfants grandir et quitter la maison. J’ai l’a vu aussi réintégrer sa vie active, de se séparer de son mari, de reprendre une deuxième vie de célibataire de plus animé.

Et puis un jour je l’ai entendu dire :

Parfois j’aimerais bien que les choses se passeraient comme quand j’étais gamine…

A première vue aucun lien avec l’érotisme, mais à la façon dont elle m’a exposé ses états d’âme, je voyais bien que l’envie de ses trouver à travers des genoux d’un homme décidé l’a travaillait sérieusement. Sans rentrer dans des détails trop intimes, étonnant retour du bâton à la quarantaine.

 

Rencontre avec une mère fouettarde

J’avais parlé, il y a quelques jours de confidences mutuelles avec une amie proche. Née au milieu des années 60, cette dame avait reçu de la part de sa mère une éducation stricte, comportant la fessée avec le dos d’une brosse à cheveux. Les punitions étaient appliquées sur les fesses nues et c’était la mère qui se chargeait de baisser le pantalon et la culotte de sa fille. Comme c’est le cas de mon homme, mon amie aussi ne garde pas un souvenir dévastateur de ces méthodes d’antan. Elle assume sans fausse honte, sait en plaisanter et ne minimise pas sa part de « responsabilité » concernant ses corrections.

Étant expressive, autant en mot qu’on gestes ses souvenirs prenaient vite un relief « comme si j’y étais ».

Puis un jour le hasard a voulu que je rencontre sa maman. J’avais à maintes reprises essayé d’imaginer cette fameuse mère fouettarde dont mon amie me parlait si souvent.

C’est une femme très élégante et soigne (à l’image de sa fille) qui respire le parfum d’une rigueur à toute épreuve. J’ai compris aussitôt que mon amie n’a pas dû rire tout les jours avec elle.

Loin de moi de regretter l’époque des châtiments corporels éducatives. Je ne confond pas la réalité avec des incohérences fantasmatiques. Et de nos jours étant moi-même maman – que cela soit clair – je considère la fessée comme une pratique exclusivement réservée aux adultes.

Je fus dévisagée par la mère de mon amie de la tête au pied avec un regard qui me procura des frissons un peu partout. Puis « interrogée » sur ma personne et ma vie ! J’avais l’impression que cette brave dame considère sa fille toujours comme une ado. Et les copines des sa fille aussi par la même occasion. J’ai répondu sagement à toutes ses questions. Puis il me semble que j’ai été gratifié de sa bénédiction me permettant de fréquenter sa fille. Ouf !

Toutefois je n’ai pu me soustraire à l’impacte de cette dame sur mon imaginaire. J’avoue qu’elle était particulièrement crédible comme mère fouettarde et – en écoutant une petite voix intérieure – j’aurais accepté avec un frisson voluptueux – étant adulte – un petit stage de « remise à niveau » chez elle. Avec une petite modification, concernant un remplacement de la brosser à cheveux par le martinet qui comble plus mes irrationalités.

Plus tard sur le chemin de retour vers chez moi, je n’ai pu m’empêcher de me projeter par le biais de mon imagination dans ce contexte familial. Me voyant rentrer avec beaucoup de retard à la maison. Attendue par l’élégante mère fouettarde, le martinet à la main.

Qu’as-tu à me dire, isabelle ?

Je baisse ma tête, bien que je n’aie pas l’impression que mon retard mérite une punition quelconque. Par contre -en continuant à broder mon fil- je sais que j’étais vilaine après ma dernière punition, il y a quelques semaines. Très vilaine même, le soir, dans mon lit.

Je mérite une bonne correction…